02 mai 2014

14 mars 2014

Les stations fantômes de Paris

Comme la ville lumière par-dessus lui, le métro possède des places publiques coquettes, des artères piétonnes à parcourir et des curiosités à découvrir. Quel voyageur lunaire n’aurait pas noté la station Arts et métiers transformée en sous-marin, Nautilus flamboyant de Jules Verne ? Ailleurs dans la pénombre du réseau, les passagers attentifs devinent parfoisla voûte qui s’élargit, on aperçoit les quais déserts, murs tagués au bord des rails que l’on traverse sans s’arrêter ni même ralentir : que font là ces stations fantômes qui n’apparaissent pas sur les cartes ?

Arsenal, Champs de mars, Saint-martin, quelques hauts lieux de la RATP underground, stations condamnées pendant la seconde guerre mondiale et jamais rouvertes. Drapées d’une couche épaisse de mystère, les stations fantômes intrigueront longtemps encore les quelques passagers attentifs à leur présence. Mais notre monde rationnel peut-il accepter l’idée de ces lieux ténébreux du réseau, abandonnés aux monstres de l’enfance ? On y trouverait sûrement la tanière d’un Grizzli… Car il existe bien un monstre sanguinaire qui tague ainsi les boyaux du métro de codes ésotériques, lettres blanches aperçues dans la pénombre de mon trajet, non ?

10 mars 2014

Petit bout

Ils sont beaux ces petits bouts égarés sur nos lignes dans les
bras d’une poussette ou d’un parent. Là n’est pas leur place,
dans le bruit et la fureur, mais ils font si bien le spectacle
pour qui attend passivement la fin du tunnel ! Ce jour là,
c’est un morceau de pain serré dans sa main qui a attiré
mon attention dispersée ailleurs sur le quai. L’enfant dort
dans les bras de sa mère, petite tête posée sur son épaule et
menotte pesant dans le vide. Il porte des bottines noires
avec des chaussettes vertes et une polaire bleue boulochée,
marquée real team sur le devant. La foule compacte monte
dans le train, il y a à l’intérieur une étouffante chaleur. La
mère s’assoit sur un siège rouge dans un coin de la rame,
elle serre l’enfant endormi contre elle et le replace en
travers de ses genoux, petite tête contre son sein. Elle
ramène au-dessus d’elle un voile invisible de légèreté et
ferme doucement la bulle duveteuse autour de son petit.
Elle fait cela avec des gestes délicats, comme on cueillerait
un oisillon à peine éclos, une fleur de coquelicot...

06 mars 2014

Chatelet cohubohu

"Je m’engage prestement dans la file indienne improvisée vers les escalators pour rejoindre la salle des échanges et ma correspondance suivante vers la banlieue ouest. On scinde la foule en deux et il y a devant moi une femme en jupe grise qui voûte les épaules en s’avançant : est-ce que les gens autour nous veulent du mal ? C’est effrayant cette sensation d’évoluer à contre sens, à l’encontre du grand nombre... Quand je pose le pied sur la première marche de l’escalier mécanique, j’entends derrière moi la sonnerie du RER et le claquement des portes automatiques. Je me serre sur la droite pour regarder quelques voyageurs qui grimpent les hautes marches : ils sont pressés de se jeter là-haut dans la mêlée, où se heurtent toutes les destinations franciliennes possibles, cinq lignes de métro et trois autres du Réseau Express Régional. Quand les marches métalliques arrivent à destination, je plie légèrement la jambe et lève le pied à la rencontre du sol en dur : surtout ne pas tomber, ça ferait désordre ! Dans cette salle d’échanges tohubohu où l’Ile de France court vers son prochain train, ma file indienne se disperse et m’abandonne à la cohue."

13 février 2014

Julie Gayet... bien avant Closer !

Alors qu'en janvier dernier, la plupart des Francais se demandaient qui était Julie Gayet, j'avais cité son nom il y a plusieurs années lors de l'écriture de mon premier livre, et il y a plusieurs mois pour le second ("effet Streisand"). Voici l'extrait de "Métro parisien, petits plaisirs du soir et du matin" (page 176) :

"A cette angoisse contagieuse de prise de parole dans les transports, le scénariste et cinéaste Arnaud Viard apporte une jolie réponse qu'il faudra étudier pour se l'approprier (Film "Clara et moi", Arnaud Viard, 2004). Soit dans le métro, assis l'un en face de l'autre, Julien Boisselier qui semble avoir craqué pour Julie Gayet. Il lui montre finalement un cahier blanc à spirales où il a noté : « voulez-vous prendre un verre avec moi ? » Dessous, il a ajouté les réponses au choix : « 1-Stop 2-Encore 3-Ça va pas non? T'as vu ta gueule? 4-Justement, j'allais vous le proposer ». Elle le regarde puis, gardant le silence comme lui, répond au dos de la couverture de son livre de poche : « Vous êtes : 1-Muet 2-Timide 3-Les deux à la fois 4- Dragueur ». Elle souligne le dernier choix en soutenant son regard, avant qu'il n'ajoute sur sa feuille : « Le 1... mais jamais très longtemps ». Elle sourit, regarde le nom de la station dans laquelle ils entrent, griffonne vite quelque chose, se lève en lui donnant le papier déchiré et rompant le silence : « Je descends ici. Au revoir ». Dans la rame, on entend la sonnerie de la porte. Sur le papier abandonné, elle a noté son prénom et son numéro pour l'appeler. Point de départ d'une belle histoire, cette scène dure soixante-douze petites secondes, inférieur au temps moyen d'une inter station ! Qu'attendons-nous ?"

Qu'attendez-vous ? Achetez votre exemplaire du livre pour en découvrir plus : ICI


29 juillet 2013

Après tout ce temps, j’ai pensé que -peut-être certaines personnes avaient besoin de voir le livre avant de se le procurer. Nous vivons dans un monde visuel, c’est vrai. Et ne dit-on pas qu’une image vaut bien des mots ? Well… voici quelques photos de mes mots :